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Pour mes vacances d’été, j’ai choisi une destination un peu insolite, souvent oubliée à cette saison : l’Ouzbékistan. Quand on pense à l’été, on imagine plus volontiers la mer ou la montagne, et rarement un voyage en Ouzbékistan en été, au cœur des cités mythiques de la Route de la Soie. Pourtant, ce pays m’a offert un voyage inoubliable, entre rencontres chaleureuses, patrimoine architectural grandiose et immersion dans un artisanat ouzbek riche de traditions. Loin des foules estivales, j’y ai trouvé un dépaysement total et une atmosphère unique, qui m’ont immédiatement séduite.
Mon voyage en Ouzbékistan débute à Tashkent, une première immersion avant de partir à la découverte du pays. Au premier abord, la ville peut sembler dénuée d’intérêt avec ses grands boulevards et son architecture soviétique. Il s’agit pourtant d’une bonne introduction à la culture ouzbek et à l’artisanat traditionnel du pays.
Direction le bazar de Chorsu à Tachkent, l’un des marchés les plus emblématiques de l’Ouzbékistan. Ce marché animé, abrité sous un immense dôme turquoise, offre une immersion authentique dans la vie quotidienne ouzbèke. Ici, pas de stands touristiques de souvenirs, mais des rangées colorées de fruits secs, d’épices et de légumes, animées par les cris des vendeurs et l’agitation des familles locales. C’est là que j’ai goûté mes premières spécialités : le non, le pain plat ouzbek, ou encore le qurut, de petites boulettes de fromage séché typiques d’Asie centrale. Leur goût puissant, à la fois salé et acidulé, surprend… et ne plaira pas forcément à tout le monde !

Pour rejoindre ma prochaine destination, j’emprunte le métro, qui est en soi une véritable visite. Bien qu’il s’agisse avant tout du moyen de transport le plus fiable et le plus rapide pour circuler dans la capitale, ce sont surtout ses stations richement décorées, à l’image de celles de Moscou, qui séduisent les visiteurs.

Le meilleur moyen d’en profiter est encore de se laisser surprendre : prenez le métro et descendez au hasard d’un arrêt. Vous pourriez ainsi tomber sur la station Kosmonavtlar, décorée en hommage aux cosmonautes, ou sur la station Alisher Navoï, aux mosaïques bleues et blanches inspirées de l’art islamique.

Après quelques arrêts à admirer des stations toutes plus spectaculaires les unes que les autres, me voici au Musée des Arts appliqués de Tachkent. Installé dans l’ancienne résidence d’un diplomate russe, il abrite une collection de plus de 7 000 pièces, mettant en valeur divers savoir-faire traditionnels : tapis, céramiques, broderies, miniatures, instruments de musique, sculptures, et bien d’autres encore. En plus de son architecture remarquable, le lieu offre un bel aperçu de l’artisanat que l’on découvre tout au long d’un voyage en Ouzbékistan. Un incontournable de Tachkent, selon moi.

Avant de prendre mon vol pour Ourguentch, une halte gourmande s’impose afin de goûter au plat emblématique du pays : le plov. Au restaurant Besh Qozon « cinq marmites ». La cuisine ouverte permet d’assister à la préparation du mets dans d’immenses chaudrons, de quoi ouvrir l’appétit avant de savourer ce grand classique ouzbek!
Cap sur Khiva, joyau de l’Ouzbékistan ! La célèbre cité fortifiée de Khiva, Itchan Kala, plonge immédiatement le voyageur dans un décor digne des contes d’Orient : ruelles pavées, portes sculptées, minarets élancés et dômes turquoise. Jadis étape incontournable des caravanes de la Route de la Soie, la ville a su préserver intacte la magie de son passé glorieux et offre aujourd’hui une immersion hors du temps.
Les sites majeurs à découvrir à Khiva:
● Mosquée Djuma, unique en son genre avec ses 213 colonnes en bois sculptées ● Kunya Ark, la citadelle fortifiée des khans de Khiva ● Le minaret Kalta Minor, symbole de la ville avec ses carreaux turquoises ● La Madrasa Mohammed Amin Khan, la plus grande madrasa de Khiva adossée au célèbre minaret Kalta Minor ● Le mausolée de Pahlavan Mahmoud, dédié au poète local. ● La madrasa Islam Khoja et son minaret, le plus haut de la ville ● Le palais de Tosh Hovli, somptueuse demeure du XIXe siècle

Khiva aura été l’un de mes coups de cœur de ce voyage, avec son atmosphère unique qui nous transporte ailleurs le temps d’une journée. Et pour terminer la visite en beauté, ne manquez pas le spectacle du coucher de soleil depuis les remparts de la ville.
La suite de mon voyage en Ouzbékistan me conduit à Boukhara, l’une des villes historiques les plus emblématiques du pays. Malgré une arrivée tardive, je n’ai pas résisté à l’envie de me rendre aussitôt sur la célèbre place Lyabi Hauz, sans doute le lieu le plus animé de Boukhara. Son nom, qui signifie littéralement « autour du bassin », fait référence au grand bassin central, entouré de terrasses animées et de monuments remarquables tels que les madrasas Kukeldash et Nadir Divan-Begi. Cette première découverte du cœur de la ville m’a immédiatement donné envie de poursuivre l’exploration culturelle dès le lendemain.
Disposant d’une seule journée pour explorer la ville, il m’a fallu faire des choix. J’ai décidé de consacrer l’essentiel de mon temps à des expériences immersives, tout en ponctuant la visite par quelques incontournables et par la découverte de lieux plus confidentiels, loin des circuits traditionnels.
Les sites majeurs à visiter à Boukhara:
La mosquée Bala Khaouz, une élégante mosquée du XVIIIᵉ siècle, reconnaissable à ses 20 piliers en bois finement sculptés.

La citadelle d’Ark, située sur la place du Registan, face à la mosquée Bala Khaouz, elle constitue le plus ancien édifice de la ville (Ve siècle). Résidence de plusieurs émirs de Boukhara, elle est aujourd’hui en grande partie en ruines, mais l’on peut encore visiter sa cour d’honneur, ses remparts et plusieurs salles transformées en musée.
La place Poy Kalon, l’un des lieux les plus emblématiques de Boukhara, rassemblant un minaret de 47 mètres, une mosquée et une madrasa, formant un ensemble monumental impressionnant.
Le mausolée d’Ismaïl Samani, chef-d’œuvre d’architecture datant de plus de 1000 ans, remarquablement conservé dans son état d’origine. Situé dans le parc Samani, légèrement à l’écart de la vieille ville, il se visite rapidement et à l’abri de la foule.

Chashma Ayub, une visite originale pour sortir des sentiers battus. Ce lieu à la fois de culte et de mémoire est associé à la légende du prophète Job, qui y aurait fait jaillir une source aux vertus curatives. Les Ouzbeks viennent encore aujourd’hui y puiser de l’eau, tandis qu’une partie de l’édifice abrite le musée de l’eau.

Même si les visites culturelles et historiques me passionnent, ce que je préfère avant tout en voyage, ce sont les rencontres avec les habitants. J’ai eu la chance d’échanger avec deux artisans, qui m’ont transmis leur passion et leur savoir-faire.
L’école de miniature de Davlat Toshev:
À l’heure du déjeuner, je me suis rendue à l’école de miniature de Davlat Toshev. La miniature est un art délicat qui consiste à représenter, sur de très petits formats, des scènes détaillées et colorées destinées à illustrer des manuscrits. C’est dans son école, en périphérie de la ville, qu’il nous a accueillis.

La visite commence dans son jardin, où il fabrique lui-même son papier, ses pigments et même ses pinceaux. Nous entrons ensuite dans son atelier, où plusieurs enfants s’initient à l’art de la miniature sous sa supervision. La découverte se poursuit dans sa galerie, où il nous raconte l’histoire derrière les œuvres qu’il a peintes. Chaque miniature lui demande en moyenne trois mois de travail, tant la précision et la patience sont essentielles à cet art minutieux.

Notre conseil : privilégiez une visite en basse saison pour profiter d’un moment plus intimiste avec le miniaturiste, car son atelier attire de nombreux voyageurs en période de forte affluence.
L’atelier de broderie de Rakhmon Toshev:
Pour le dîner, cap sur l’atelier de broderie de Rakhmon Toshev. Le repas se déroule dans une pièce richement décorée de ses plus belles broderies suzani, un textile traditionnel d’Asie centrale orné de motifs colorés et symboliques. Dans la pièce voisine, transformée en atelier, j’ai eu la chance de le rencontrer. Il m’a expliqué la symbolique des motifs ainsi que les techniques de broderie transmises dans sa famille depuis plusieurs générations. Pour les voyageurs curieux et les passionnés d’artisanat, il propose également des ateliers pratiques : une expérience aussi instructive qu’immersive.

Avant de rejoindre Samarcande, j’ai fait un petit détour par un site encore méconnu : les gorges de Sarmish. Nichées au cœur des monts Karatau, elles abritent l’un des ensembles de peintures rupestres les plus importants d’Asie centrale. Sur les parois rocheuses se dévoilent plusieurs milliers de pétroglyphes : scènes de chasse, animaux sauvages ou encore silhouettes humaines, autant de témoignages fascinants des croyances et de la vie quotidienne des populations de l’âge du bronze.
Samarcande m’invite à un voyage au cœur de la légendaire Route de la Soie, célèbre pour ses coupoles turquoise, ses madrasas majestueuses et ses siècles d’histoire qui en font l’une des plus belles cités d’Orient. Ville emblématique d’Amir Temur, elle conserve de nombreux monuments liés à son règne fastueux.
Le mausolée Gour-Emir, ce monument du XVe siècle abrite la sépulture de Tamerlan ainsi que celles de plusieurs de ses descendants, dont le célèbre astronome Oulough Beg. Sa coupole bleu turquoise, finement décorée, est l’un des symboles de la ville. Un lieu incontournable pour mieux comprendre l’histoire de l’Empire timouride et l’âge d’or de Samarcande.

L’ensemble Shakhi-Zinda, surnommé « la rue des mausolées », ce complexe funéraire s’est développé entre le XIᵉ et le XIXᵉ siècle. Il abriterait la tombe de Qutham ibn Abbas, cousin du Prophète Mohammed, venu propager l’islam. Avec ses enfilades de mausolées richement ornés de céramiques bleues, c’est sans doute l’un des sites les plus impressionnants que j’aie eu l’occasion de découvrir.

La mosquée Bibi Khanym, édifiée entre 1399 et 1404 sur ordre de Tamerlan pour son épouse préférée, Bibi Khanym, elle fut à son époque l’une des plus grandes mosquées du monde islamique. Malgré les siècles et les séismes qui l’ont partiellement endommagée, elle impressionne encore aujourd’hui par son immense portail et ses majestueuses coupoles turquoise qui dominent la ville.

La mosquée des Voyageurs, située à proximité, elle vaut également le détour, notamment pour la superbe vue qu’elle offre sur la mosquée Bibi Khanym.
Enfin, une visite de Samarcande ne serait pas complète sans la célèbre place du Registan. Véritable cœur historique de la ville, cette vaste esplanade encadrée par trois madrasas monumentales constitue l’un des ensembles architecturaux les plus emblématiques d’Asie centrale.

La médersa Oulough Beg, construite au XVe siècle par le petit-fils de Tamerlan, illustre le rôle central accordé au savoir et à l’astronomie. Face à elle, les médersas Cher-Dor et Tilla-Kari, érigées au XVIIᵉ siècle, séduisent par leurs façades couvertes de mosaïques chatoyantes et, pour la seconde, par un intérieur éblouissant d’or.
De jour comme de nuit, le Registan émerveille par son harmonie et son atmosphère hors du temps.

Ce voyage en Ouzbékistan a été un véritable coup de cœur. C’est une destination idéale pour ceux qui recherchent le dépaysement, mais aussi pour les passionnés d’architecture, d’histoire, de culture et d’artisanat. Avec un peu plus de temps, on peut également explorer de superbes paysages naturels, qui complètent à merveille la richesse des cités.

Loin des itinéraires classiques, l’Ouzbékistan offre une expérience unique. Et si la chaleur ne vous effraie pas, voyager hors saison permet de profiter de ses merveilles presque en tête-à-tête.