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Bali hors des sentiers battus : derrière la carte postale

Il y a le Bali des magazines, celui des piscines à débordement et des plages de Seminyak noires de monde au coucher du soleil. Et puis il y a l'autre Bali, celui qui se mérite. Celui des routes qui grimpent dans la brume, des villages où le temps semble s'être arrêté avant l'arrivée du wifi, des rizières où seul le bruit de l'eau rompt le silence. C'est cet autre Bali que nous sommes partis chercher.

Publié le 6 Juillet 2026
Voyage en Asie – Silhouette d'un bateau traditionnel balinais jukung voguant sur la mer calme face au mont Agung à l'aube à Bali.

Sidemen, la vallée que le tourisme a oubliée

À moins d'une heure et demie d'Ubud, la vallée de Sidemen s'ouvre comme un secret bien gardé que l'on vous conseille de découvrir lors de votre voyage à Bali. Ici, pas de files d'attente pour la photo parfaite : les rizières en terrasses de Sidemen n'ont rien à envier à celles de Tegalalang, mais on les traverse presque seul, au petit matin, quand la lumière rase encore les épis de riz.

Le mont Agung, volcan sacré des Balinais, domine le paysage. Les habitants y cultivent le riz depuis des générations selon le système du subak, un réseau d'irrigation traditionnel inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Séjourner dans l'un des petits homestays familiaux de la vallée, c'est aussi soutenir directement une économie locale qui vit encore largement de l'agriculture plutôt que du tourisme de masse.

Voyage en Asie – Les terrasses de rizières verdoyantes de Bali bordées de palmiers avec la silhouette massive du mont Agung en arrière-plan en Indonésie.

À faire : une randonnée matinale jusqu'au sommet de la colline de Bukit Putung, d'où la vue embrasse toute la vallée jusqu'à la mer, par temps clair.

Munduk, entre cascades et plantations de café

Plus au nord, dans les hauteurs volcaniques de Bali, le village de Munduk cultive une atmosphère presque himalayenne. Les nuages s'accrochent aux collines couvertes de plantations de café, de clous de girofle et de cacao. On y marche des heures durant, de cascade en cascade, sans croiser âme qui vive.

La région abrite plusieurs coopératives de producteurs de café qui accueillent les voyageurs pour une visite de leurs plantations. C'est l'occasion de comprendre les méthodes de culture traditionnelles et de rencontrer les familles qui en vivent, loin des attractions où des civettes sont maintenues en cage pour produire le fameux kopi luwak : une pratique que nous déconseillons systématiquement, tant elle repose sur la captivité d'animaux sauvages dans des conditions souvent déplorables. Privilégier une coopérative transparente sur ses méthodes, c'est déguster un excellent café sans compromis éthique.

Voyage en Asie – Cascade aux multiples chutes d'eau s'écoulant le long d'une paroi rocheuse sombre entourée d'une végétation tropicale luxuriante à Bali en Indonésie.

Les lacs jumeaux de Buyan et Tamblingan, nichés dans d'anciens cratères, complètent le tableau. On peut y louer un canoë traditionnel manié par un pêcheur local, dans un silence presque total.

Amed, la côte des pêcheurs

Sur la côte nord-est, Amed reste étonnamment préservée malgré une poignée de guesthouses en bord de mer. Les plages de sable noir volcanique accueillent chaque matin le retour des jukung, ces pirogues à balanciers colorées avec lesquelles les pêcheurs locaux partent en mer dès l'aube.

Sous l'eau, les fonds volcaniques abritent des épaves et des jardins de coraux préservés. Plusieurs centres de plongée locaux, engagés dans des programmes de restauration corallienne, permettent d'explorer ces sites tout en participant à leur préservation. On évitera en revanche toute excursion promettant un contact garanti avec la faune marine, comme la baignade forcée avec des raies manta ou des tortues : ces rencontres doivent rester le fruit du hasard et de l'observation respectueuse, jamais d'une mise en scène qui stresse les animaux.

Voyage en Asie – Un jukung, petit bateau traditionnel à balancier, posé sur la plage de sable volcanique noir face à la mer calme à Amed à Bali.

À faire : un lever de soleil sur la plage de Jemeluk, face aux jukung amarrés, avant que la journée ne commence pour les pêcheurs.

Jatiluwih, l'or vert de Bali

Classées à l'UNESCO, les rizières de Jatiluwih, sur les flancs du mont Batukaru, offrent l'un des panoramas agricoles les plus spectaculaires d'Asie du Sud-Est. Contrairement à d'autres sites plus fréquentés, on peut ici marcher pendant des heures sur les diguettes qui séparent les parcelles, sans autre compagnie que les hérons et les paysans au travail.

Voyage en Asie – Les immenses et magnifiques rizières en terrasses verdoyantes de Jatiluwih parsemées de palmiers à Bali en Indonésie.

Le site reste géré par les communautés locales via le système du subak, dont les principes philosophiques (l'harmonie entre les hommes, la nature et le divin) structurent encore l'organisation agricole. Un guide local, facilement trouvable sur place, permet de comprendre les subtilités de ce paysage qui n'a rien d'un décor : c'est un écosystème vivant, entretenu depuis des siècles.

Voyager autrement : quelques principes

Explorer le Bali hors des sentiers battus, ce n'est pas seulement chercher des lieux moins fréquentés. C'est aussi choisir une manière de voyager plus attentive : privilégier les hébergements familiaux aux grandes chaînes, acheter directement aux artisans, se renseigner sur l'origine des expériences proposées.

Cela vaut particulièrement pour tout ce qui touche à la faune. Bali compte encore plusieurs attractions mettant en scène des animaux sauvages dans des conditions de captivité problématiques : balades à dos d'éléphant, spectacles de dauphins, singes enchaînés pour la photo. Ces expériences, si elles paraissent anodines sur le moment, entretiennent des filières où le bien-être animal passe largement après la rentabilité touristique. Les alternatives existent : sanctuaires reconnus pour leurs pratiques de réhabilitation, observation de la faune sauvage dans son habitat naturel, rencontres respectueuses avec les animaux domestiques des villages traversés.

En pratique

La meilleure période pour explorer ces régions reste la saison sèche, d'avril à octobre, quand les routes de montagne sont praticables et les rizières les plus photogéniques. Compter au moins cinq à sept jours pour enchaîner Sidemen, Munduk, Tenganan et Amed sans se presser : c'est un Bali qui se savoure lentement, au rythme des villages traversés plutôt qu'à celui des listes à cocher.

Louer un scooter ou engager un chauffeur local pour la journée reste la façon la plus simple de circuler entre ces sites, souvent mal desservis par les transports en commun. Beaucoup de chauffeurs, notamment ceux recommandés par les homestays locaux, connaissent des recoins que ne mentionne aucun guide : autant en profiter.

Au fond, le vrai luxe lors d'un voyage à Bali aujourd'hui n'est plus la vue sur l'océan depuis une villa privée. C'est le silence d'une rizière au petit matin, la conversation avec un tisserand de Tenganan, le café partagé avec un producteur de Munduk. Un Bali qui existe encore, pour qui prend le temps de le chercher.

FAQ (Foire aux questions) : Voyager hors des sentiers battus à Bali

Bali hors des sentiers battus est-il adapté à un premier voyage ?
Oui, à condition d’accepter un rythme plus tranquille et quelques routes de montagne. Sidemen, Munduk ou Amed restent accessibles, surtout si l’on combine ces étapes avec une ou deux nuits à Ubud ou dans le sud pour se repérer plus facilement.

Faut-il obligatoirement louer un scooter pour explorer ces régions ?
Non, même si le scooter reste pratique pour les courts trajets. Un chauffeur local à la journée est souvent plus confortable et plus sûr, surtout dans les zones de montagne ou pour les voyageurs peu habitués à la conduite en Asie.

Comment vérifier qu’une activité avec des animaux est réellement éthique ?
Quelques repères simples : pas de contact forcé, pas d’animaux enchaînés ou dressés pour des spectacles, pas de manipulation pour la photo. Un sanctuaire ou une structure sérieuse explique ses méthodes, limite les interactions et privilégie l’observation à distance.

Combien de temps prévoir pour un Bali “hors carte postale” ?
Cinq à dix jours permettent déjà de combiner deux ou trois régions (par exemple Sidemen, Munduk et Amed) sans se presser. Au‑delà de dix jours, on peut ajouter des villages plus isolés ou des treks plus longs.

Peut-on combiner ces étapes avec quelques jours plus “classiques” au sud de Bali ?
Oui, et c’est même souvent le bon équilibre. Quelques nuits à Seminyak, Canggu ou Sanur peuvent être pratiques pour l’arrivée ou le départ, tandis que le cœur du voyage se concentre sur les vallées, montagnes et villages plus discrets.

Les hébergements hors des zones touristiques sont-ils confortables ?
Ils restent généralement simples mais agréables : homestays familiaux, petites guesthouses, écolodges. Le confort repose plus sur l’accueil et le cadre que sur le luxe; préciser vos attentes à l’agence ou à l’hôte aide à éviter les mauvaises surprises.

Publié le 6 Juillet 2026
Portrait de Gustu, expert Shanti Travel pour l’Indonésie, passionné par Bali, Lombok, nature luxuriante, volcans et cérémonies locales.
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